Doel: village fantôme, street art et exploration urbaine

5 Avr

Si tu as envie d’une escapade insolite à 1h de Bruxelles, je te conseille d’aller à Doel, un village abandonné mêlant street art et exploration urbaine.

“Un village fantôme en Belgique, vraiment?”, demandes-tu, sceptique. Mais oui, je te le jure! Il est à côté du port d’Anvers. Je l’ai vu de mes propres yeux.

L’histoire de Doel

Mais pourquoi ce village est-il abandonné? Ça ne court quand même pas les rues, les villages fantômes!

Et bien tout a commencé en 1998 quand le port d’Anvers a voulu jouer les goulus et s’étendre sur le village pour y construire un nouveau dock. Les habitants de Doel (prononcé « Doul ») sont alors invités à vendre leurs maisons à l’État belge. Le village se vide alors peu à peu de ses habitants, les commerces ferment, l’école aussi.

Ce village, vieux de sept siècles, passe alors de 900 habitants à moins d’une vingtaine aujourd’hui. Et oui! Quelques irréductibles sont restés (des descendants d’Astérix?). La résistance s’est organisée et plusieurs recours juridiques ont empêché le lancement du projet.

Finalement, 20 ans plus tard, le gouvernement flamand annonce que Doel ne sera pas détruit. Une exception, alors que plusieurs villages comme Austruweel, Oorderen, Wilmarsdonk et Lillo ont été rasés pour permettre l’expansion du port d’Anvers.

Voyage en terre insolite

Mais il n’y a pas que l’histoire de ce village qui sort de l’ordinaire. Sa visite vaut également le détour. Je te promet un dépaysement garanti. Allez, je te raconte!

Pour y arriver (N.B.: choisir “Doel, Beveren” dans Google Maps), je traverse le dédale du port d’Anvers, deuxième plus grand port d’Europe. Un monde à part, peuplé de grues, de piles de conteneurs et d’éoliennes à perte de vue.

Lorsque j’arrive à l’entrée du village, une vision tout ce qu’il y a d’ incongrue m’attend ! Doel est là au milieu des champs. Quelques chevaux broutent tranquillement dans un joli tableau bucolique. Et là, fracture de la rétine! A droite du village se dressent les grues géantes du port. A gauche, une centrale nucléaire. Au loin, un super tanker passe derrière le clocher de l’église.

Le ton est donné. La visite sera résolument insolite!

Urbex dans des ruines contemporaines

On pénètre dans Doel par une grande allée bordée d’arbres et de “belles” maisons.Tu pourrais te croire dans n’importe quel village belge sauf qu’ici les fenêtres sont condamnées et les façades recouvertes de graffitis.

Je repère un chemin menant à l’arrière d’une habitation. Ma curiosité est piquée. Que se cache-t-il par derrière?

Je décide de faire un peu d’urbex (abrégé d’exploration urbaine), une activité qui consiste à visiter des lieux construits par l’homme et abandonnés.

J’avance lentement au milieu de la végétation en fouillis. Il y a un trou dans le mur, je passe la tête et là …une baignoire! Elle est au milieu de la pièce et a sûrement été déplacée là par des squatteurs car ce n’est clairement pas une salle de bain.

Mes petits écarts me font découvrir plusieurs scènes insolites, comme un frigo au milieu d’un jardin ou un salon au toit effondré. Jouer les exploratrices est grisant!

Découvre plus de lieux urbex en Belgique.

Je ne pourrais pas faire plus que visiter les jardins car des plaques de métal ont été installées devant les fenêtres et les portes des maisons pour éviter les accidents et les squats.

Street art à gogo

J’ai découvert l’existence de ce drôle d’endroit lors de recherches pour mon article sur le street art à Bruxelles. Ce village fantôme est en effet un paradis pour les graffeurs.

Il y a de tout, des gribouillis bof bof aux magnifiques fresques s’étalant sur des façades entières. Le village n’est pas grand mais on découvre de nouvelles œuvres tous les deux pas.

J’ai l’impression de parcourir un véritable musée à ciel ouvert et je m’éclate à faire des photos. Je recommande la station essence qui offre un magnifique cadre pour des photos originales.

L’association Fais le trottoir dont j’avais suivi une visite guidée street art au centre-ville de Bruxelles propose aussi des tours commentés de Doel! J’ai très envie de tester!

Doel, le village du décalage

En haut de la digue se dresse un moulin du XVIIeme siècle. Dans le prolongement se détache la tour fumante de la centrale nucléaire.

Un petit chemin bordé de banc longe la rivière. Mais ici au lieu de regarder paisiblement les canards jouer, ce sont les navires marchands chargés de conteneur qui passent tout près.

Tout le village n’est pas à l’abandon. L’église et le cimetière sont entretenus et exempts de tout graffiti. Ilot de normalité en ce lieu alternatif.

Enfin, Doel n’est pas si désert que l’on pourrait le croire. En milieu d’après-midi des familles entières arrivent et se promènent avec landaus et trottinettes. Ici la balade dominicale se mêle à l’underground.

Doel est fascinant car il multiplie les décalages. Y passer une après-midi, c’est vraiment vivre une expérience qui sort de l’ordinaire! Je te le conseille!

Alors, ça te tente?

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2 Responses to “Doel: village fantôme, street art et exploration urbaine”

  1. Ben Timmers 5 avril 2021 at 13 h 08 min #

    Géniale cette découverte!
    Merci pour cette poétique et décalée histoire racontée au travers de ton super blog!
    Keep up the good work! <3

    • Lulu 6 avril 2021 at 13 h 53 min #

      Merci beaucoup pour ton commentaire Ben 🙂

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